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dimanche 31 octobre 2021

L’importance de ne pas travailler avec du contenu obsolète sur OpenStreetMap

Quelle n’est pas ma surprise de découvrir que le nouveau carrefour giratoire de la place des Guinards, à Creuzier-le-Vieux (Allier), vient d’être supprimé sur OpenStreetMap au profit d’un carrefour classique. D’où l’importance de travailler avec des données à jour. Et je le découvre deux mois et demi après !

Pour mettre à jour une carte à partir de données à disposition, il faut se baser sur une imagerie satellite récente, ou mieux, se déplacer sur place. Le relevé de terrain — que je pratique depuis plusieurs années — permet une analyse plus approfondie de ce que l’on va cartographier. Mais suivant les fournisseurs de cartes, la procédure peut paraître compliquée.

Pour le compte de certains sites mondialement connus comme Google Maps, une modification de lieu ou de rue (route manquante, mauvais nom de rue…) peut s’avérer difficile et on peut parfois attendre plusieurs jours, voire semaines ou mois (cela m’est déjà arrivé) pour que cette modification aboutisse… ou pas, ou est purement et simplement refusée sans explication.

Sur OpenStreetMap, c’est différent. On peut même annuler le groupe de modifications d’autrui (voir sur le wiki d’OpenStreetMap : Annulation des modifications.

La zone concernée

Chez la concurrence, sur Google Maps, nous avons des images Street View datées de septembre 2020 (à l’heure où j’écris ce billet) montrant bien l’existence de ce giratoire (qui n’est toutefois pas signalé avec des panneaux AB25 en amont) :

En revanche, le plan n’est pas à jour. Demander une modification est possible, en sa calquant sur l’image satellite, mais cela va prendre beaucoup de temps pour cette modification soit approuvée.

Sur OpenStreetMap, la zone ressemble actuellement à cela :

Plan OSM de la zone incriminée (groupe de modifications 109483684).
© les contributeurs d’OpenStreetMap (licences CC-BY-SA et Open Database License)

Avec quoi peut-on travailler sur OpenStreetMap ?

Il est possible de cartographier à partir de relevés effectués sur le terrain, une pratique qui est plus encouragée que la cartographie depuis son fauteuil. Cette dernière comporte de nombreux inconvénients dont, notamment, le fait de cartographier avec une image satellite obsolète.

Dans la zone de Vichy, les images satellites datent de 2019, tout ce qui a été créé ultérieurement nécessite d’utiliser d’autres sources (autre imagerie, si elle existe, le cadastre, ou en dernier recours, les relevés terrain). L’imagerie de 2019 (disponible avec les couches CRAIG - 2019 [1] et reproduite dans la couche nationale BDOrtho IGN) n’a été révélée qu’en janvier 2021, ce qui accroît les risques de travailler avec des données obsolètes.

Pourquoi un retour en arrière ?

Il ne faut pas cartographier avec des données obsolètes, ce qui est contraire aux bonnes pratiques de l’édition de la carte sur OpenStreetMap.

Pour plus d’informations, on se référera au wiki d’OpenStreetMap sur les bonnes pratiques, en particulier les sections« Ne cartographiez pas des évènements historiques ou des éléments qui n’existent plus » et « Ne vous basez pas sur des images périmées ».

Évidemment, je ne parlerai pas des incohérences temporelles, telles qu’une vérification de terrain effectuée en 2021 avec une source de… 2009.

Qu’a-t-il bien pu se passer ? Comment ai-je pu passer complètement à côté ?

Cela va être difficile à répondre… Et ce n’est pas la première fois que je fais annuler un groupe de modifications, puisqu’en 2020, j’avais dû annuler ce groupe qui rétablissait des bâtiments qui ont en réalité été détruits.

Les résultats seront envoyés demain avec les  envois traditionnels du mois.

samedi 8 juin 2019

OSM, 10 ans déjà

Voilà dix ans que j'ai contribué à l'amélioration d'une carte coopérative qui possède une particularité : être sous licence libre.
Je veux bien entendu parler du projet cartographique OpenStreetMap.

C'était le 8 juin 2009. Afin de trouver une alternative aux fournisseurs de cartographie propriétaires (Google Maps, IGN...), je suis tombé par hasard sur un projet cartographique nommé OpenStreetMap.

Comment est construite la carte ?
Les utilisateurs enregistrés peuvent modifier la carte en utilisant les aides (voir ci-dessous) sans copier les cartes trouvées ailleurs. Il peut s'agir de relevés GPS ou d'images satellite. On y trouve :
  • des points (417M il y a 10 ans, quinze fois plus aujourd'hui) ; ceux-ci servent à définir les chemins et les aires (forêts, etc.) ;
  • des chemins (env. 35M il y a 10 ans, quinze fois plus aujourd'hui) ;
  • des relations (cela peut être des itinéraires tels que des lignes de bus, une limite administrative…).

Aides de basse qualité
À l'époque la carte était très incomplète (seuls les grands axes de circulation étaient tracés - routes majeures, voies ferrées, limites administratives…) et les aides cartographiques étaient limitées avec les éditeurs de carte intégrés : GPS, imagerie aérienne basse qualité donnant des tracés très approximatifs, ou connaissances personnelles.

Les éditeurs de niveau avancé pouvaient utiliser d'autres fonds cartographiques très utiles et surtout plus précis [1], cela n'ayant été rendu possible qu'avec des autorisations ou des partenariats avec des organismes ou des administrations. On pense notamment au cadastre, source principale pour la délimitation des limites administratives ou du tracé des bâtiments.
Pour l'Auvergne, le CRAIG [2] a mis à disposition ses images aériennes avec une précision inédite, en surpassant déjà ses concurrents : 30 cm, et même 15 cm [3] pour les agglomérations de Moulins, Montluçon et Vichy.

Quelles zones d'édition ?
Mes éditions se concentraient surtout sur les secteurs de Vichy et de Clermont-Ferrand.

Réutilisations et réadaptations
Les données provenant d'OpenStreetMap peuvent être réadaptées à condition de citer la source (OpenStreetMap et contributeurs) et la licence (à l'origine, CC-BY-SA 2.0, actuellement Open Database License ou ODBL).

À titre d'exemple, voici quelques réalisations à partir de cartes OSM :

Gare de Vichy (2009)
Plan comparatif de la gare de Vichy avant et après transformation
Carte comparative des alentours de la place de la Gare à Vichy (avant-après), réalisée en juin 2009.
Tabl-trai [CC BY-SA 2.0 pour les données, CC-BY-SA 2.0 France pour le fichier], via Wikimedia Commons
Place Pierre-Victor Léger (2009)
Carte de la place Pierre-Victor Léger, à Vichy
Carte des alentours de la place Pierre-Victor Léger à Vichy, réalisée en juin 2009.
Tabl-trai [CC BY-SA 2.0 pour les données, CC-BY-SA 2.0 France pour le fichier], via Wikimedia Commons

Ou des cartes plus complexes, trouvables sur wikipedia.


[1] Les éditeurs s'appellent JOSM (Java OpenStreetMap Editor) ou Merkaartor, ou plus récemment iD.
[2] Centre régional auvergnat de l'information géographique (www.craig.fr), étendu actuellement à l'ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
[3] Images aériennes de 2009. En 2013, la précision a été améliorée respectivement  à 25 et 10 cm. En 2016, un fonds cartographique de 5 cm de précision est même disponible, mais uniquement à ma connaissance que pour les acteurs de l'énergie. Le grand public et OSM se contenteront d'une résolution de 25 cm, moins pratique (on retrouve aussi ces images sur le Géoportail).