samedi 21 mars 2026

Ces contributeurs de l’encyclopédie Wikipédia qui ne veulent pas attendre l’installation du conseil municipal pour remplacer le nom du maire

Les 15 et 22 mars 2026 ont lieu, en France, les élections municipales. Une occasion pour les contributeurs de l’encyclopédie Wikipédia de mettre à jour les articles de communes pour remplacer le nom du maire (si un nouveau a été élu à la place de l’ancien, battu ou ne se représentant pas) ou le mandat (si réélu). Or, certains, qui veulent absolument une information à jour, ignorent peut-être que le maire est élu par le conseil municipal lors de sa première réunion, qui se tient le vendredi, samedi ou dimanche suivant l’élection… et certains sont déjà pressés.

96 % de maires élus au premier tour…

Au moment où j’écris ces lignes, certains conseils municipaux se réunissent pour élire le maire et ses adjoints. Ce qui est le cas dans 96 % des communes françaises qui ont élu un maire au premier tour, dont deux tiers n’avaient présenté qu’un seul candidat[1].

Le second tour concerne 1 526 communes dans 1 590 circonscriptions (certaines à Paris, Lyon et Marseille) sans oublier l’outre-mer. Ce sont toutes les communes qui disposaient d’au moins trois listes au premier tour, sans parler de ces quarante communes qui ont enregistré une égalité parfaite. En Auvergne, cela concerne les communes de Coltines (Cantal), Langeac (Haute-Loire) et Vitrac (Puy-de-Dôme)[1].

Pour prendre l’exemple des quatre départements auvergnats, le second tour concerne : 18 dans le Puy-de-Dôme (dont Clermont-Ferrand, Riom et Thiers), 9 dans l’Allier (dont Moulins et Montluçon), 6 dans le Cantal et 9 en Haute-Loire[2]. Dans l’agglomération de Vichy, c’est déjà fini, ou presque, puisque seule Creuzier-le-Neuf est concernée par le second tour.

Pour connaître le nom du nouveau maire, il faudra attendre demain soir, et la semaine prochaine pour l’installation du conseil municipal.

… et le nom du maire déjà mis à jour, parfois prématurément

Mais sur Wikipédia, certains ne se pressent pas. Dès que le résultat est tombé, certains contributeurs mettent déjà à jour le nom du maire, mais se font révoquer leur modification par un autre contributeur pour le simple motif : prématuré.

Le nom du maire et le mandat sont présents dans le tableau récapitulatif en tête de l’article (appelé infobox dans le jargon de Wikipédia) et dans le tableau de la liste des maires successifs.

Certains mettent le jour du scrutin comme date de fin de mandat du maire actuel ne souhaitant pas se représenter et réservent une ligne pour le nouveau maire : c’est le cas à Vernines, dans le Puy-de-Dôme (diff), où un nouveau maire succèdera à Martine Bony, maire depuis 1999 et vice-présidente du conseil départemental. La modification a été révoquée 18 secondes plus tard.

Idem à Royat (diff), où le maire sortant, Marcel Aledo, qui n’a pas souhaité se représenter, est remplacé par Hugo Franck. Là aussi, une modification prématurée (et même des caractères retirés inutilement, conséquence d’une modification avec l’éditeur visuel, et même mal orthographié) d’un compte temporaire, révoquée deux heures plus tard par un contributeur pour le motif suivant : « Les maires ne ne seront élus que lors du premier conseil municipal. » Celui-ci a bien eu lieu, hier soir, vendredi 20 mars, une information qui peut déjà être mise à jour légitimement dès aujourd’hui, mais pas à partir du site de la mairie qui indique prudemment que la page sur le conseil municipal « sera mise à jour lundi 23 mars ». Une information à sourcer, en attendant (ou en complément) avec un article de presse.

— Je viens de mettre à jour l’article avec le nouveau maire.
— Je viens de révoquer votre modification. Elle est prématurée, vous saviez que le maire est élu par le conseil municipal ?

D’autres vont encore très loin. À Combronde, un compte temporaire est même allé jusqu’à mettre à jour les textes de présentation des résultats d’élections. Révoquée une fois, un passage en force a eu lieu, mais sans révocation… et sans source en plus.

Comme quoi, il est plus prudent d’attendre.


jeudi 12 mars 2026

Parcs relais dans l’agglomération de Vichy : un seul et puis plus rien ?

Douze années après que la gare de Vichy soit devenue pôle d’échanges intermodal — à nouveau une deuxième fois, cinq ans après celle de la gare elle-même —, l’agglomération de Vichy (dans les limites de son intercommunalité à 39 communes) ne compte qu’un seul parc relais (P+R), au stade aquatique, à Bellerive-sur-Allier. Le rôle de ces parcs de stationnement particuliers est de faciliter la correspondance entre la voiture et un autre mode de transport, que ce soit le bus, le train ou les mobilités douces, mais à Vichy, le concept n’attire pas.

Début de rédaction le 19 février 2026.

On a l’habitude de trouver des parcs relais dans les gares ou les principaux pôles de correspondance des réseaux urbains, quelle que soit la taille de l’agglomération. Mais à Vichy, il n’en est rien, ou presque : les parkings situés autour de la gare, qu’ils soient au nord ou au sud, n’en sont pas. Ils sont de banals parkings payants où les règles de stationnement sont les mêmes que pour tout autre parking du centre de Vichy.

Des pôles d’échanges intermodaux… sans parcs relais officiels

En gare de Vichy : parkings simples, payants, sans dépose minute…

À la fin des années 2000, le quartier de la gare de Vichy se transforme, en accordant plus de place aux piétons et en diminuant l’emprise routière, avec la création de voies réservées notamment aux bus devant le bâtiment historique, situé dans l’axe de la rue de Paris.

Trois parkings sont aménagés : le premier, situé derrière la gare, et géré par un opérateur privé (EFFIA), offre 270 places de stationnement, dont 6 pour les personnes à mobilité réduite (PMR), et même des places pour les véhicules électriques dès son ouverture en 2007. Deux autres sont accessibles directement depuis le centre-ville, mais sont pénalisés par un manque de signalisation, une carence bien connue à Vichy :

  • un parking sud, accessible depuis le pont Voltaire (rue Voltaire depuis le boulevard de l’Hôpital) ou la rue Maréchal-Joffre. D’une capacité de 33 places, dont 2 pour les PMR, juste à côté de voies réservées aux bus et aux taxis qui constituent la gare routière ;
  • un parking nord, accessible depuis le carrefour giratoire nord, d’une capacité sensiblement équivalente.

Comble, ces places ne peuvent officiellement servir de dépose-minute, où rien n’a été pensé pour cela. Même pour dix minutes d’attente, il fallait régler le stationnement qui est payant[a].

Juste avant le PP marquant le début du stationnement payant, gare routière de Vichy 2024-10-26
Gare routière de Vichy, 26 octobre 2024. Aucun panneau n’indique, juste après le passage piétons, l’entrée dans une zone à stationnement payant : seul un marquage au sol le précise  ; ni même la présence de trois « triplettes[b] » de caméras de vidéoprotection (ici la deuxième, soit les 4e, 5e et 6e (!), avant une troisième triplette un peu plus loin), dont l’information est obligatoire. Ce parking simple aurait pu être un parking relais mais, en plus d’être mal signalé, comment une personne qui ne connaît pas le quartier va trouver ce parking et découvrir qu’il est payant ?
Photo : Tabl-trai, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Pendant longtemps, la signalisation d’une dépose minute concernait le parking situé derrière la gare, conditionné à la prise d’un ticket qui donne droit à quinze minutes de stationnement gratuit. Question accessibilité, il est plus facile de déposer côté gare qu’à l’arrière… mais gare aux innombrables caméras qui peuvent verbaliser !

Sinon, du stationnement est possible sur l’avenue des Célestins, là où c’est autorisé (ni immédiatement à la sortie nord de la gare routière où le stationnement est interdit sans exception, ni sur les places réservées aux livraisons de 7 heures à 13 heures, qui tolèrent désormais dix minutes d’arrêt à partir de 13 heures).

Les parkings autour de la gare SNCF en lui-même, derrière la gare, ne peuvent pas être considérés comme des parcs relais. Ils n’offrent pas d’avantages avec les autres réseaux auxquels ils peuvent correspondre : pas de tarif spécial intermodalité avec le train (TER) ou les autocars gérés par la région Auvergne-Rhône-Alpes, ni avec le réseau urbain MobiVie dont la communauté d’agglomération Vichy Communauté est l’autorité organisatrice de la mobilité.

À Cusset, un pôle d’échanges intermodal secondaire dont la notion a elle aussi été oubliée malgré la présence de parkings en libre accès

En 2018, la ville de Cusset aménage un pôle d’échanges intermodal (PEI) secondaire dont l’arrêt Cusset Centre est le pôle névralgique. Centralisé sur un seul quai où convergent quatre lignes, dont la principale, la ligne A qui effectue son terminus (et aussi la ligne E qui effectue son terminus partiel), on y retrouve également une station de vélos en libre-service, accessible avec une application mobile.

Concernant le stationnement, certains emplacements, dans le centre-ville, sont conditionnés à l’apposition d’un disque de stationnement. En revanche, à proximité du PEI, ils sont accessibles sans restriction, ou presque. Le long de l’avenue du Drapeau, trois parkings sont disponibles, seul celui situé côté pharmacie est conditionné au disque.

Pourtant, la transformation en parc relais de l’un de ces emplacements est possible. Il pourrait avoir ainsi une double fonctionnalité : parc pour les résidents des immeubles et pour les usagers des transports en commun.

Il existe bien des parkings autour du centre-ville, mais ceux-ci sont souvent très éloignés d’une ligne de transport en commun bien que suffisamment signalés (ne parlons pas de la signalisation d’un parking de 150 places dont on ne sait pas s’il s’agit de l’ensemble des places dans le centre-ville).

Toutefois, il en existe un dans l’agglomération :

Le seul parc relais de l’agglomération vichyssoise se situe à Bellerive-sur-Allier au sein d’un équipement très mal signalé

Cette commune de la rive gauche de l’Allier dispose de beaucoup d’emplacements de stationnement, mais aucun de ces parkings n’est nommé et signalé par un panneau.

Il y a celui de la Source Intermittente, récemment réaménagé mais inachevé à l’heure où j’écris ces lignes (absence de matérialisation des places de stationnement). Idem en centre-ville ou autour du COSEC et du collège Jean-Rostand, qui peuvent être des potentialités de relais avec la ligne B qui effectue son terminus.

Mais le seul parc relais officiel est celui du stade aquatique, créé en 2014. Il n’offre que sept places de stationnement situées derrière l’arrêt de bus du même nom, aujourd’hui difficilement reconnaissables que même sa signalétique sur place est inexistante.

Parking relais derrière l'arrêt de bus Stade Aquatique (Bellerive-sur-Allier) 2024-02-24
Derrière l’arrêt de bus desservant l’équipement sportif, les marquages au sol sont quasiment illisibles et la signalétique est inexistante. Ici, en 2024, dix ans après sa création, voilà à quoi ressemble le seul parc relais de l’agglomération…
Tabl-trai, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Et que son accès est, lui aussi, si difficile à trouver que le stade aquatique lui-même n’a jamais été aussi mal signalé : en venant de Vichy, les panneaux indiquant le stade nautique sont toujours présents malgré sa fermeture définitive en… 2007.

Il existe, certes, un abonnement intermodal entre le réseau urbain MobiVie et le train TER, lancé en 2011, et dans l’autre sens, un abonnement TER + MobiVie, permettant, avec un seul abonnement, d’utiliser le TER et le réseau urbain de Vichy. Si cela existe déjà entre le TER et les réseaux de Clermont-Ferrand (T2C) ou de Moulins (Aléo), ils n’ont aucun lien avec les parcs relais existants. Si ce n’est qu’à Clermont-Ferrand et sa métropole, certains parcs relais sont gratuits pour les abonnés au réseau urbain, enfin provisoirement.

Prévoira-t-on de nouveaux parcs relais dans l’agglomération ? Rien n’est moins sûr. Ce concept semble ne pas exister dans les lieux stratégiques de l’intermodalité, que ce soit à la gare de Vichy ou dans le centre de Cusset, alors qu’il y a du potentiel.


  1. Gratuit depuis 2018 dans la limite de 20 minutes par jour ; cette limite a été rehaussée à 30 minutes en 2025.
  2. Le terme « triplette » est surtout utilisé en sport pour désigner trois personnes en cyclisme ou une équipe de trois joueurs aux jeux de boules (définitions sur le Wiktionnaire ou du Trésor de la langue française informatisé (dérivé de l’adjectif « triple », sens I.B)).